Guerre en Ukraine : la Russie renforcerait ses troupes en recrutant des soldats africains via de fausses annonces d’emploi

Selon plusieurs rapports et témoignages, la Russie recruterait des soldats en Afrique pour partir au front en Ukraine. Une information démentie par le Kremlin.

“Vous devriez avoir honte d’envoyer quelqu’un au front, car cette guerre ne nous concerne pas, et ne nous concernera jamais”. Interrogé par l’AFP, le père d’un jeune Kényan exprime son désespoir. Dans ses mains, une photographie de son fils en uniforme, assis à l’arrière d’un camion, une arme contre la poitrine. Recruté par l’armée russe, celui-ci est mort au combat en Ukraine.

Sur d’autres images tournées au Kenya début février par la télévision allemande ZDF, une famille enterre symboliquement un proche. Il s’appelait Charles Waithaka. Il avait 31 ans. “Quelqu’un qui était avec lui nous l’a confirmé. Il a marché sur une mine terrestre et a perdu la vie”, confie sa mère. Le jeune homme avait été attiré en Russie par une agence pour travailler comme mécanicien. Mais il n’en était rien. Selon ZDF, il aurait été contraint de signer un nouveau contrat, rédigé en russe, pour combattre sur le front.

La mère de Charles Waithaka tient dans ses mains la photo de son fils, un jeune Kényan tué en Ukraine. © – Capture d’écran/ ZDF

Une technique de recrutement dénoncée par le Kenya

Le 18 février, le gouvernement kényan a officiellement réagi. Un rapport du service national de renseignement du pays estime que plus de 1000 Kényans auraient été recrutés pour combattre en Ukraine.

Devant le Parlement, le chef de la majorité, Kimani Inchung’wah, accuse des agences de recrutement “de cibler d’anciens militaires, d’anciens policiers ainsi que des civils âgés de la vingtaine à la cinquantaine qui cherchent désespérément des opportunités d’emploi à l’étranger”.

Selon le rapport, ces agences promettent des salaires élevés et, à terme, la citoyenneté russe.

“Le business du désespoir”

Une analyse qui confirme celle des services de renseignements kényan. Elle dénonce un “recrutement visible qui allèche pour ses avantages et sa rapidité”.

Selon le rapport de All eyes on Wagner, la Russie utiliserait des publicités dans plusieurs langues, sur les réseaux sociaux et via des numéros WhatsApp partagés en ligne.

D’après l’AFP, les agences de recrutement promettraient des emplois rémunérateurs, avec des salaires allant de 920 à 2400 euros par mois. L’intitulé du poste mentionne des jobs de vendeurs ou encore d’agents de sécurité. Une offre intéressante pour de nombreux Kényans qui gagnent rarement plus d’une centaine d’euros par mois, dans un pays où le chômage est élevé.

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