Trump propage des fantasmes sur l’Iran, le canal d’Ormuz et l’uranium enrichi

Le vendredi 17 avril 2026, le président Donald Trump a publié une série de messages optimistes sur Truth Social (et évoqués dans des interviews) présentant la guerre Iran-Amérique comme étant en grande partie terminée ou sur le point de l’être. Ses affirmations portaient principalement sur la réouverture du détroit d’Ormuz, les progrès vers un accord de paix plus large et le pouvoir de négociation des États-Unis. La plupart des propos de Trump ont été fermement démentis par l’Iran (voir image ci-dessus). Voici un résumé des différentes déclarations qu’il a faites ce vendredi-là :

  • « La situation du détroit d’Ormuz est terminée » et l’Iran a accepté de ne plus jamais fermer le détroit. Il l’a décrit comme « totalement ouvert et prêt pour le commerce et la libre circulation ».
  • L’Iran (avec l’aide des États-Unis) est en train de retirer les mines qu’il avait posées dans le détroit le mois dernier.
  • L’Iran a accepté la quasi-totalité de ses exigences, y compris l’arrêt définitif de son programme nucléaire.
  • La guerre est « sur le point d’être terminée » et un accord final devrait être conclu « très rapidement » (peut-être dès ce week-end). Il a indiqué que la plupart des points avaient déjà été négociés.
  • Il a accepté un cessez-le-feu bilatéral de deux semaines (suspension des bombardements et des attaques) à la demande des dirigeants pakistanais, sous réserve de l’ouverture complète du détroit par l’Iran. Malgré l’annonce iranienne de l’ouverture du détroit, le blocus naval américain des ports iraniens restera en vigueur jusqu’à ce que l’accord global avec l’Iran soit « finalisé à 100 % ».
  • Le président chinois Xi Jinping se dit « très heureux » de l’ouverture rapide du détroit. Trump a affirmé agir « pour eux aussi, et pour le monde entier », et que cette situation « ne se reproduira plus jamais ».
  • La Chine a accepté de ne pas envoyer d’armes à l’Iran. Trump a prédit que son prochain voyage en Chine serait « exceptionnel » et « potentiellement historique », et que le président Xi lui ferait une « grosse accolade ».
  • Il a qualifié l’OTAN de « tigre de papier », « inutile en cas de besoin ». Après la réouverture du détroit, l’OTAN aurait proposé son aide, mais Trump leur a ordonné de rester à l’écart, à moins qu’ils ne souhaitent que « remplir leurs navires de pétrole ».
  • Il a souligné que les États-Unis avaient déjà atteint, voire dépassé, leurs objectifs militaires. Il a affirmé que l’Iran disposait désormais d’un « nouveau régime » « bien moins radicalisé et beaucoup plus intelligent » qu’auparavant, rendant possible un accord de paix durable. Il a réaffirmé que les États-Unis travailleraient avec l’Iran « à un rythme tranquille » pour finaliser l’accord.

La communication intense de Trump visait principalement à manipuler les marchés boursiers et pétroliers. Il a réussi : la bourse américaine a grimpé en flèche tandis que le prix du pétrole à terme chutait significativement. Les investisseurs ont naïvement cru Trump. Il mentait.

L’affirmation de Trump selon laquelle la « situation » du détroit d’Ormuz était terminée est fausse. L’Iran garde fermement le contrôle. L’Iran a annoncé que le détroit d’Ormuz était ouvert aux navires commerciaux non liés aux États-Unis ou à Israël. Ces navires doivent toutefois obtenir l’autorisation de passage auprès des Gardiens de la révolution iraniens. L’Iran a également stipulé qu’aucun navire militaire ne serait autorisé à entrer dans le golfe Persique. Voici une photo de marinetraffic.com prise le 18 avril à 0 h 20, heure de l’Est. Aucun navire militaire américain n’est visible.

Trump a également insisté sur le fait qu’un accord avec l’Iran concernant son uranium enrichi était quasiment conclu. Il a affirmé que les États-Unis pourraient récupérer l’uranium enrichi iranien en déployant de nombreuses excavatrices, prétendant que Washington interviendrait conjointement avec l’Iran pour le ramener aux États-Unis. L’Iran a rapidement rejeté cette affirmation, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmail Baghaei, déclarant que l’Iran ne transférerait son uranium enrichi en aucun cas.

Trump poursuit l’une des deux stratégies suivantes :

1) Manipuler l’opinion publique américaine afin de conclure un accord pour mettre fin à la guerre, proclamer la victoire et rentrer aux États-Unis ; ou

2) Créer un faux problème en insistant sur la possibilité d’un accord imminent, puis, lorsque les États-Unis refuseront les exigences iraniennes telles que définies dans le plan en dix points, accuser l’Iran de refuser de négocier et lancer de nouvelles attaques contre lui d’ici le 26 avril. Je pense, compte tenu du flux continu d’avions militaires américains dans la région, que Trump ordonnera de nouvelles attaques contre l’Iran avant la fin du mois d’avril. Les Iraniens ne cèdent pas d’un iota sur leur plan en dix points… Les États-Unis doivent faire deux choses : lever les sanctions contre l’Iran et débloquer les avoirs iraniens.

Israël demeure l’élément imprévisible. Il semble que Trump et son administration aient réussi à contraindre Israël à déposer les armes et à se retirer. Si le cessez-le-feu avec le Hezbollah tient et que le cessez-le-feu américano-israélien avec l’Iran est prolongé, alors je pense que Trump cherche sérieusement une porte de sortie. Affaire à suivre.

Le colonel Wilkerson et moi avons eu notre entretien habituel du vendredi avec Nima.

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