L’hystérie européiste

Depuis l’arrivée des résultats de l’élection en Hongrie, on assiste à une espèce de déferlement étrange de passion et de joie de la part des partisans de la construction européenne et plus généralement de ce que l’appelle le système euroglobaliste. Il faut que depuis le Brexit et la première élection de Trump les européistes subissent quand même échec sur échec sur le plan politique. L’engouement autour de la question européenne est clairement fini et l’UE ne fonctionne plus que par inertie en réalité. C’est particulièrement vrai depuis la crise de 2008 qui a complètement cassé les économies européennes qui ne s’en sont jamais remises. Cette élection en Hongrie ressemble donc pour eux à une formidable occasion pour faire croire à nouveau que l’UE avance comme à la grande époque des années 90 quand le continent s’est sabordé économiquement pour faire l’euro.

De fait les pauvres n’ont plus eu d’occasion de se réjouir depuis bien longtemps. C’est donc avant tout à cela que je pense lorsque je vois des personnages aussi pathétiques que Nathalie Loiseau ou Benjamin Haddad se réjouir du résultat électoral en Hongrie. En un sens cela traduit également le manque glaçant de compréhension du monde actuel et de la réalité de l’UE. En effet chez ces gens comme malheureusement chez beaucoup de nos compatriotes, la communication est en quelque sorte devenue le centre de la pensée. Il est d’ailleurs possible qu’une bonne part de ces gens ne pensent même pas ce qu’ils disent. Il s’agit bien souvent d’abord de montrer à quel camp on appartient. S’afficher anti-Orban, anti-RN, ou anti-Trump, c’est d’abord pour eux, faire montre de soumission au groupe auquel ils appartiennent. Peu importe le réel. Le fait par exemple que le candidat qui a gagné soit tout aussi à droite qu’Orban n’a pas d’importance. Seul importe l’appartenance au groupe idéologique, un peu comme les gamins au collège qui affichent telle ou telle marque de vêtement, ou martyrisent tel ou tel individu pour appartenir à un groupe.

Nous sommes face à un phénomène similaire ici. Car au fond de quoi Orban était-il coupable ? Ce monsieur n’a jamais engagé le début d’un commencement d’une sortie de l’UE malgré toutes les critiques souvent fondées qu’il a pu faire à l’encontre de cette construction hautement hasardeuse. Son tort est d’avoir laissé penser que la guerre en Ukraine n’était peut-être pas le fait des seuls Russes, mais aussi des Occidentaux. Ce à quoi une personne honnête, et au courant des faits, ne pouvait qu’acquiescer. Orban n’était en réalité pas si eurosceptique ni même un gros patriote. Il y avait beaucoup de communication derrière ses déclarations. S’il avait été sincère, il aurait fait un référendum sur la sortie de l’UE. Mais soyons surtout claires, la Hongrie est un petit pays au sein de l’UE. Je parle ici au sens économique et démographique, c’est un peuple tout à fait respectable avec une grande histoire. Mais la Hongrie ne pèse pas grand-chose économiquement. D’autant qu’elle bénéficie des transferts de fonds européens, ce qui permet à Bruxelles de faire largement pression sur le gouvernement local. Ce qui en dit long sur la nature réelle du système européen.

La seule chose sur laquelle la Hongrie pouvait embêter un peu l’UE c’était sur les prises de décisions nécessitant l’unanimité des votes des membres. Une unanimité qui est de moins en moins nécessaire au fur et à mesure que les européistes cadenassent les états avec leurs lois et leurs règlements psychorigides. Mais les institutions européennes semblent pourtant paniquer dès qu’un membre de l’UE n’obéit pas au doigt et à l’œil aux institutions européennes. Pourquoi donc cette fébrilité ? Les institutions européennes sont toutes puissantes, les états n’ont plus de pouvoir réel, on le voit en France avec un état qui fait des politiques directement dictées par Bruxelles. Von Der Leyen outrepasse tous les traités en faisant de la politique extérieure alors qu’elle n’en a pas le droit théorique. Et pourtant alors qu’ils sont tout puissant, les européistes paniquent parce qu’un petit pays de 10 millions d’habitants ne rentre pas totalement dans les cases de l’européisme. C’est étrange, non ?

L’eurofascisme sera le stade terminal de l’européisme

Ce qui est certain c’est que si les européistes étaient réellement sûrs et dominateurs comme ils prétendent l’être une personne comme Orban aurait simplement été ignorée par le système. Cette affaire révèle en réalité la très grande fragilité du système européen qui sent sa fin arriver dans les années qui viennent. La première inquiétude est politique. Car si Orban était le représentant d’un courant eurocritique d’une certaine façon, ce n’est pas le basculement de la Hongrie qui pourrait avoir des répercussions en Europe. Les yeux des européistes sont bien évidemment braqués sur la France et l’Allemagne où les courants présentaient comme eurosceptiques se rapproche petit à petit du pouvoir. L’élection du RN en France n’étant plus une hypothèse farfelue désormais même si je doute personnellement d’un véritable patriotisme dans ce parti.

Plus intéressante, l’Allemagne qui est au cœur du pouvoir européen ne cesse de voir le parti de l’AFD ouvertement anti-européen monter d’élection en élection. Et contrairement au RN, l’AFD affronte ouvertement la construction européenne la présentant comme moteur principal du déclin du continent. Ce qui est factuellement vrai. Si l’UE a survécu pour l’instant à Orban ou à Meloni qui ont joué le courant mitigé de la critique européenne, tout en jouant le jeu de l’européisme. Il pourrait en être autrement si l’Allemagne était soumise à l’influence politique d’un parti comme l’AFD. Le cas du RN est plus complexe puisque ce parti est aujourd’hui ouvertement sur la ligne Meloni et européiste. Il n’y aura aucune rupture au lendemain de l’élection d’un Bardella au pouvoir en réalité. On n’est cependant pas à l’abri d’un effet médiatique. Le RN ayant l’image d’un parti eurosceptique, le système de communication gouvernant aujourd’hui les actions de nos prétendus dirigeants, il se pourrait que le système européiste se braque fortement en cas de victoire du RN et pousse par inadvertance la France à rompre avec l’UE.

Ce n’est pas un scénario à négliger. Nos élites européïstes ont déjà montré à quel point elles pouvaient se comporter stupidement, car guidées uniquement par la course à la communication, et par les bulles médiatiques concomitantes. On le voit ici ce que l’UE craint, ce n’était donc pas Orban, mais ses « homologues » au sein des grands pays de l’UE. On le voit d’ailleurs dans les exclamations communicantes rattachant Marine Le Pen à Orban alors qu’en réalité les deux partis politiques n’avaient pas grand-chose de semblable. Le second facteur plus profond à cette incertitude des européistes est l’échec patent du projet européen lui-même. Bousculée par toutes les puissances du monde, ne comptant plus pour rien dans les affaires de la planète, l’Europe joue les gros bras et fanfaronne sans n’avoir plus aucune influence sur quoi que ce soit en réalité. L’UE est sortie de l’histoire littéralement. Des pays comme la Malaisie, la Corée du Sud ou même Singapour ont désormais plus d’influence que l’UE. Il faut le dire, jamais dans l’histoire le continent européen n’a aussi peu pesé. C’est tout simplement sans précédent.

Et l’explication est simple, pour le reste du monde, l’Europe est un musé, et pas grande chose d’autre. Sous la férule des principes européens, la politique a disparu du champ économique. L’UE est le paradis du laissez-faire. Cette impuissance organisée a laissé le champ libre aux autres puissances pour favoriser leur production au détriment des constructeurs européens. C’est passablement visible dans le domaine automobile où l’UE laisse les Chinois exterminer nos productions sans rien faire, alors que la Chine elle n’a jamais lésiné sur le protectionnisme et le favoritisme national. En paralysant les états nations, en appliquant ses règles stupides du laissez-faire l’UE a creusé sa propre tombe. Un contient qui a très peu de ressources naturelles et qui en plus perd son seul avantage qui était les savoir-faire industriels ne peu plus que décliner sûrement et lentement. Et ne parlons pas de la faiblesse militaire ou du décrochage technologique massif aujourd’hui extrêmement visible, l’UE n’investissant dans rien et surtout pas la recherche à cause de ses obsessions d’équilibre comptable crétin. Au fond, c’est bien ce déclin structurel qui ronge les européistes, car depuis le début l’UE devait apporter une plus grande prospérité.

C’est cet acharnement dans l’erreur qui conduit au déclin et c’est bien ce que chérissent les européistes qui finalement va tuer leur idéologie et leur système. Ils sont leurs propres bourreaux en quelque sorte. Le degré de souffrance économique qu’ils infligent au continent ne pourra que faire pousser des oppositions de plus en plus virulentes avec le temps. Et croyez-moi, nous ne sommes qu’au début du processus. Car la crise avec l’Iran, et les USA qui installent des péages sur le détroit d’Ormuz, risque de rapidement faire grimper les colères populaires. Les imbécillités européennes pouvaient continuer à fonctionner tant que les gens pouvaient encore manger, ce sera une autre histoire lorsque les structures économiques essentielles cesseront de fonctionner. Dans ce cadre nous allons donc assister rapidement à une fascisation du système européen qui va devenir de plus en plus autocratique. N’ayant plus aucun impact positif possible ni aucune marge de manœuvre pour empêcher le chômage et la misère de s’étendre, il ne lui restera plus que le bâton pour écraser ses opposants. Le fascisme sera en quelque sorte le stade suprême de l’européisme, et les mentalités chez nos « élites » sont déjà prêtes pour ça.

Check Also

Global group sees fuel prices remaining elevated as long as Middle East conflict lasts

A coordination group comprising the International Energy Agency (IEA), the World Bank Group and the …

Leave a Reply

Your email address will not be published.